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Élection présidentielle russe : vers un nouveau sacre de Poutine
Garantir un plébiscite unanime en faveur de Vladimir Poutine. Même sur le sol ukrainien. C'est l'objectif que les autorités russes se sont fixées dans le Donbass : les territoires ukrainiens occupés sont le théâtre d'une "farce", selon Kiev, à l'occasion de l'élection présidentielle en Russie. Un scrutin organisé en violation totale du droit international.
C'est notamment le cas dans la ville de Marioupol, occupée par les troupes de Moscou dans le Sud de l'Ukraine. Les responsables électoraux ont ouvert, jeudi 14 mars, des bureaux de vote improvisés sur de petites tables dans la rue et sur les capots des voitures. Sous l'œil d'hommes en armes, les habitants votent au pas de charge, les assesseurs ne restant que quelques dizaines de minutes sur place pour des questions de sécurité. Des banderoles ont été déployées avec un logo "V" rouge, blanc et bleu, un des symboles de l'armée utilisé comme signe de soutien à l'offensive.
Dans les autres régions sous contrôle russe, certains électeurs n'ont même pas eu besoin de se déplacer : des Ukrainiens ont reçu la visite de commissions de vote mobiles à leur domicile, afin de mettre un bulletin dans l'urne directement sur le pas de la porte. Rien d'étonnant pour Moscou, qui a justifié ce procédé par une "menace sécuritaire accrue". "Des habitants pro-russes visitent les maisons avec des urnes, accompagnés de militaires armés, a raconté à la BBC un villageois dans la région de Kherson. S'ils frappent et que personne n'ouvre, ils passent à la maison suivante. Ils ne pénètrent pas par effraction dans les maisons, mais ils passent". Et d'ajouter : "C'est ridicule. De quel genre d'élection s'agit-il quand il y a deux personnes - l'une tenant une liste électorale et l'autre une urne - et un militaire armé d'une mitrailleuse ? Ce n'est pas de la démocratie. C'est un spectacle humoristique."
Selon la chaine ukrainienne 24, le "caractère factice de l'événement" s'explique notamment par le peu d'enthousiasme suscité par l'élection. "Les électeurs n’affluent pas", "les bureaux de vote sont vides", a expliqué sur son site le média. D'où le recours au porte-à-porte, déjà testé lors du référendum de 2022 pour le rattachement à la Russie de plusieurs territoires annexés. La commission électorale de la région de Zaporijia avait par exemple affirmé que 93,11% des électeurs avaient voté pour le rattachement à la Russie, après le dépouillement de 100% des bulletins de vote.
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Deux ans plus tard, Kiev a voulu rassurer les habitants vivant sous l'étau russe, certifiant que ce vote sous la menace ne sera pas retenu contre eux le jour où l'ennemi quittera la région. "Nous n’avons qu’un seul conseil : sous l’occupation, le plus important est de survivre, de rester en vie et de conserver sa santé. Si vous êtes obligés de voter ou de participer à un processus illégal, vous n’en serez pas tenu responsables devant la loi", a affirmé Ivan Fedorov, chef de la région de Zaporijia.
La diplomatie ukrainienne a appelé la communauté internationale à rejeter le résultat de ce vote, qu'elle qualifie de "farce". Les États-Unis ont déjà critiqué ce scrutin, dénonçant des "simulacres d'élections".
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